À Vénus de Milo

Ô Vénus de Milo, guerrière au flanc nerveux,

Dont le front irrité sous vos divins cheveux

Songe, et dont une flamme embrase la paupière,

Calme éblouissement, grand poème de pierre,

Débordement de vie avec art compensé,

Vous qui depuis mille ans avez toujours pensé,

J’adore votre bouche où le courroux flamboie

Et vos seins frémissants d’une tranquille joie.

Et vous savez si bien ces amours éperdus

Que si vous retrouviez un jour vos bras perdus

Et qu’à vos pieds tombât votre blanche tunique,

Nos froideurs pâmeraient dans un combat unique,

Et vous m’étaleriez votre ventre indompté,

Pour y dormir un soir comme un amant sculpté !
1er mars 1842.

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