Pour une excellente Beauté qui se mirait

Amarille en se regardant

Pour se conseiller de sa grâce

Met aujourd’hui des feux dans cette glace

Et d’un cristal commun fait un miroir ardent.
Ainsi touché d’un soin pareil

Tous les matins l’astre du monde

Lorsqu’il se lève en se mirant dans l’onde

Pense tout étonné voir un autre soleil.
Ainsi l’ingrat chasseur dompté

Par les seuls traits de son image,

Penché sur l’eau, fit le premier hommage

De ses nouveaux désirs à sa propre beauté.
En ce lieu, deux hôtes des cieux

Se content un sacré mystère ;

Si revêtus des robes de Cythère

Ce ne sont deux Amours qui se font les doux yeux.
Ces doigts agençant ces cheveux,

Doux flots où ma raison se noie,

Ne touchent pas un seul filet de soie

Qui ne soit le sujet de plus de mille voeux.
Ô Dieux ! que de charmants appas,

Que d’oeillets, de lys et de roses,

Que de clartés et que d’aimables choses

Amarille détruit en s’écartant d’un pas !
Si par un magique savoir

On les retenait dans ce verre,

Le plus grand roi qui soit dessus la terre

Voudrait changer son sceptre avecque ce miroir.

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François Tristan L'hermite Apprenti Poète

Par François Tristan L'hermite

François L'Hermite, sieur du Solier, dit Tristan L'Hermite, né en 1601 au château du Solier, près de Janaillat dans la Marche, et mort à Paris le 7 septembre 1655, est un écrivain et gentilhomme français.

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