On ne voit rien au Ciel, en la terre pezante

Sonnet LXXXVII.

On ne voit rien au Ciel, en la terre pezante,
Au feu, en l’eau, à l’air, qu’en le considérant
Mon esprit affligé n’aille se martirant,
Et mon âme sur soy cruellyse insolente,

Quand une âme céleste, une paresse lente
A me donner la vie, un brandon dévorant,
Une mer d’inconstance, et un esprit courant
Possèdent la beauté qui seule me tourmente.

Elle a reçu des Cieux sa céleste grandeur,
Sa dureté de la terre, et du feu la chaleur,
L’inconstance de l’eau, et de l’air la colère,

Si que, belle endurcye, elle peut s’esgaller
D’ardeur, sans se brusler, d’inconstance légère
Au Ciel, et à la terre, à l’onde, à l’eau, à l’air.

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Théodore Agrippa d'Aubigné Apprenti Poète

Par Théodore Agrippa d'Aubigné

Théodore Agrippa d’Aubigné, né le 8 février 1552 au château de Saint-Maury près de Pons, en Saintonge, et mort le 9 mai 1630 à Genève, est un homme de guerre, un écrivain controversiste et poète baroque français.

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