Il faut aimer

Il faut aimer, donc j’aime les érables, dans l’aube aux parfums de velours.
Il faut aimer, donc j’aime l’impalpable et l’imprévu, sans le secours

de la raison.
Il faut aimer, donc j’aime ce qui ne saurait exister : l’île dansante et les pierres qu’on sème, avec l’espoir de récolter

une âme douce et de guingois.
Qu’il faille toujours aimer, je le comprends : l’astre boudeur, le feu, la paille et les colères du torrent.

II faut aimer, donc j’aime les carrosses en or, qui ne vont nulle part.
Verbe et vertu, je célèbre vos noces ; la rosée, forme d’art :

cette sagesse me paraît aimable, dans mon amour universel.
L’océan court, je dois être de sable, songe devenu sel.

Il faut donc — c’est la loi — que je m’exprime sur les élans de mon vieux cœur :

ne sachant pas si l’amour est un crime, il en tremble de peur.

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