Léon g. damas feu sombre toujours… (in memoriam)

des promesses qui éclatent en petites fusées de pollens fous des fruits déchirés

ivres de leur propre déhiscence la fureur de donner vie à un écroulement de paysages (les aperçus devenant l’espace d’un instant l’espace entier et toute la mémoire reconquise) une donne de trésors moins abyssaux que révélés (et dévoilés tellement amicaux)

et puis ces détonations de bambous annonçant sans répit une nouvelle dont on ne saisit rien sur le coup sinon le coup au cœur que je ne connais que trop

soleils

oiseaux d’enfance déserteurs de son hoquet

je vois les négritudes obstinées

les fidélités fraternelles

la nostalgie fertile

la réhabilitation de délires très anciens

je vois toutes les étoiles de jadis qui renaissent et sautent

de leur site ruiniforme

je vois toute une nuit de ragtime et de blues

traversée d’un pêle-mêle de rires

et de sanglots d’enfants abandonnés

et toi

qu’est-ce que tu peux bien faire là

noctambule à n’y pas croire de cette nuit

vraie salutaire ricanement forcené des

confins à l’horizon de mon salut

Voter pour ce poème!

Aimé Césaire Apprenti Poète

Par Aimé Césaire

Aimé Césaire, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France, est un écrivain et homme politique français, à la fois poète, dramaturge, essayiste, et biographe.

Ce poème vous a-t-il touché ? Partagez votre avis, critique ou analyse !

Chaque commentaire est un voyage dans notre univers. Partez à l'aventure avec nous.
S’abonner
Notifier de
Avatar
guest
0 Avis
Inline Feedbacks
View all comments

Il pleut. je n’ai plus rien à dire de moi-même

Sur les miracles arrivés à la mort de Notre Seigneur