Le temps sédentaire

C’était au temps du temps qui galopait.

Vous disiez à l’azur : «
Embrassez-moi »,

et j’en étais jaloux,

jusqu’à le menacer de cent mille supplices.

Le crépuscule

nous demandait pardon :

nous avions droit à des journées sans fin,

des journées caressantes.

La cascade avait honte,

d’aller de roc en roc, de chute en chute :

nous lui avons permis de dormir quelques

entre les nénuphars et les musiques.

Nous lisions dans nos yeux

comme on lit dans les bibles,

des choses nues, des choses

qui ne devraient jamais vieillir.

Je vis au temps du temps très sédentaire.

Je ne me souviens plus de vous.

J’ai oublié ce qu’est le jour, ce qu’est l’étoile,

et plus personne

ne vient me dire qui je suis.

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