À celles qui pleurent

Vous surtout que je plains si vous n’êtes chéries,
Vous surtout qui souffrez, je vous prends pour mes soeurs :
C’est à vous qu’elles vont, mes lentes rêveries,
Et de mes pleurs chantés les amères douceurs.

Prisonnière en ce livre une âme est contenue.
Ouvrez, lisez : comptez les jours que j’ai soufferts.
Pleureuses de ce monde où je passe inconnue,
Rêvez sur cette cendre et trempez-y vos fers.

Chantez ! Un chant de femme attendrit la souffrance.
Aimez ! Plus que l’amour la haine fait souffrir.
Donnez ! La charité relève l’espérance :
Tant que l’on peut donner on ne veut pas mourir !

Si vous n’avez le temps d’écrire aussi vos larmes,
Laissez-les de vos yeux descendre sur ces vers.
Absoudre, c’est prier ; prier, ce sont nos armes.
Absolvez de mon sort les feuillets entr’ouverts !

Pour livrer sa pensée au vent de la parole,
S’il faut avoir perdu quelque peu sa raison,
Qui donne son secret est plus tendre que folle :
Méprise-t-on l’oiseau qui répand sa chanson ?

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