Les Plus Lus

  • Le vase brisé

    Le vase où meurt cette verveine D’un coup d’éventail fut fêlé ; Le coup dut effleurer à peine : Aucun bruit ne l’a révélé. Mais la légère meurtrissure, Mordant le cristal chaque jour, D’une marche […] Plus

  • Le long du quai

    Le long des quais les grands vaisseaux, Que la houle incline en silence, Ne prennent pas garde aux berceaux Que la main des femmes balance. Mais viendra le jour des adieux ; Car il faut […] Plus

  • Soupir

    Ne jamais la voir ni l’entendre, Ne jamais tout haut la nommer, Mais, fidèle, toujours l’attendre, Toujours l’aimer. Ouvrir les bras et, las d’attendre, Sur le néant les refermer, Mais encor, toujours les lui tendre, […] Plus

  • L’habitude

    L’habitude est une étrangère Qui supplante en nous la raison : C’est une ancienne ménagère Qui s’installe dans la maison. Elle est discrète, humble, fidèle, Familière avec tous les coins ; On ne s’occupe jamais […] Plus

  • La lyre et les doigts

    Une muse, immobile et la tête penchée, Ne chantait plus ; la lyre en soupirait d’ennui, Et, se plaignant aux doigts de n’être plus touchée, Disait : « Quelle torpeur vous enchaîne aujourd’hui ? « […] Plus

  • Parfums anciens

    À François Coppée. * Ô senteur suave et modeste Qu’épanchait le front maternel, Et dont le souvenir nous reste Comme un lointain parfum d’autel, Pure émanation divine Qui mêlait en moi ta douceur À la […] Plus

  • Les stalactites

    J’aime les grottes où la torche Ensanglante une épaisse nuit, Où l’écho fait, de porche en porche, Un grand soupir du moindre bruit. Les stalactites à la voûte Pendent en pleurs pétrifiés Dont l’humidité, goutte […] Plus

  • La vieillesse

    Viennent les ans ! J’aspire à cet âge sauveur Où mon sang coulera plus sage dans mes veines, Où, les plaisirs pour moi n’ayant plus de saveur, Je vivrai doucement avec mes vieilles peines. Quand […] Plus

  • La grande allée

    C’est une grande allée à deux rangs de tilleuls. Les enfants, en plein jour, n’osent y marcher seuls, Tant elle est haute, large et sombre. Il y fait froid l’été presque autant que l’hiver ; […] Plus

  • Cri perdu

    Sonnet. Quelqu’un m’est apparu très loin dans le passé :C’était un ouvrier des hautes Pyramides, Adolescent perdu dans ces foules timides Qu’écrasait le granit pour Chéops entassé. Or ses genoux tremblaient ; il pliait, harassé […] Plus

  • De loin

    Du bonheur qu’ils rêvaient toujours pur et nouveau Les couples exaucés ne jouissent qu’une heure. Moins ému, leur baiser ne sourit ni ne pleure ; Le nid de leur tendresse en devient le tombeau. Puisque […] Plus

  • À Théophile Gautier

    Sonnet. Maître, qui du grand art levant le pur flambeau, Pour consoler la chair besoigneuse et fragile, Redis la gloire antique à cette exquise argile, Ton corps va donc subir l’outrage du tombeau ! Ton […] Plus